Véolia se lance dans le nucléaire

Veolia s’intéresse à la déconstruction des installations nucléaires (La Croix)

16/01/13 – Le groupe affiche ses ambitions sur ce marché en forte croissance et vient de signer un accord avec le Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

Veolia a annoncé le 15 janvier la création d’une nouvelle filiale, Asteralis, consacrée au démantèlement des installations nucléaires. Le groupe a également signé un accord de coopération avec le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) sur deux domaines techniques, la cartographie radiologique des sites et les mesures de pollution. Deux expérimentations seront conduites sur les sites du CEA à Cadarache et à Marcoule, en phase de démantèlement.

« Nous sommes les numéros un mondiaux dans les métiers de l’environnement et nous avons une grande expérience dans la gestion des matières dangereuses et des chantiers complexes », explique le PDG de Veolia Environnement, Antoine Frérot, en rappelant que le groupe a traité, par exemple, la décontamination des eaux sous la centrale de Fukushima.

Il travaille également sur la déconstruction d’avions civils et militaires et de plates-formes pétrolières offshore. « Veolia se recentre sur des problématiques environnementales de grande ampleur, là où il y a de la valeur ajoutée, comme le démantèlement nucléaire qui est une filière à inventer », souligne le patron de Veolia. Selon lui, compte tenu du poids de la France sur ce secteur, « il y a une place à prendre au niveau mondial, sans perdre de temps ».

Beaucoup de contrats en perspective

Il est clair que le marché connaît une forte croissance. Plus d’une centaine de centrales nucléaires dans le monde, construites dans les années 1960, sont déjà arrêtées, et 300 réacteurs devraient cesser de fonctionner dans les vingt prochaines années. S’y ajoutent des dizaines d’unités de recherche et d’usine de production de combustibles et de recyclage.

« La France représente à elle seule 15 % de ce marché », affirme Bernard Bigot, le directeur général du CEA, qui y consacre déjà 600 millions d’euros par an, pour le démantèlement de 21 sites. Au total, le marché est évalué à 220 milliards d’euros sur vingt ans, selon le cabinet Arthur D. Little.

Bref, énormément de contrats en perspective. Les opérateurs commencent d’ailleurs à se bousculer sur ce marché, à commencer par les fabricants, comme Areva, qui affirme disposer d’une expérience de plus de vingt ans sur ce segment, où il affiche un chiffre d’affaires de 500 millions d’euros, avec 2 000 personnes. Le groupe a ainsi installé l’an dernier en Allemagne un grand centre de recherches consacré au démantèlement.

Bouygues et Onet sur les rangs

Bouygues, spécialisé dans les opérations de génie civil des centrales, est aussi présent dans le démantèlement. Il a, par exemple, travaillé sur la déconstruction du site EDF de Brennilis en Bretagne.

Tout comme le spécialiste marseillais Onet, qui se présente comme le « leader français » et affirme disposer d’une présence depuis trente ans sur ce marché. Veolia, qui veut jouer un rôle d’ensemblier, table sur un chiffre d’affaires de 300 à 400 millions d’euros.

Jean-Claude Bourbon