Le Mensuel de Rennes 21 janvier 2013

Le Mensuel de Rennes 21 janvier 2013

Gestion de l'eau : la société publique locale adoptée

Fini la délégation de service public. La gestion de l'eau à Rennes sera désormais assurée par une société publique locale. C'est ce qu'a entériné le conseil municipal, ce lundi soir.

Des mois que le projet avait fait surface. La réflexion sur le mode de gestion de l’eau à Rennes a finalement trouvé une issue, ce lundi soir, en conseil municipal. La société publique locale (SPL) a été adoptée à 51 voix pour et 9 voix contre. Cette entité, à mi-chemin entre la délégation de service public et la régie publique, est une société anonyme dont les capitaux sont publics et le conseil d’administration composé d’élus.

Le consensus a donc été fort, malgré la durée des échanges. Il a fallu plus de deux heures avant d’aboutir au vote. Les critiques ont principalement fusé avant l’ouverture des débats. De nombreux représentants du Parti de gauche, du Parti ouvrier indépendant, du Collectif eau du Pays de Rennes et d’Europe écologie-Les Verts ont grossi les rangs du public. Chacun a demandé la parole pour réclamer une régie publique plutôt qu'une SPL.

Le manque de clarté du fonctionnement de cette dernière a notamment été souligné à plusieurs reprises : « La SPL est une société de droit privé régie par le commerce. Nous craignons une redistribution des services à Veolia », a indiqué, entre autres, le Parti ouvrier indépendant. En charge du dossier pour la municipalité, le conseiller municipal Marc Hervé a rappelé que « la SPL n’est rien d’autre qu’une régie à plusieurs ». L’élu s’est voulu rassurant, affirmant « répondre favorablement au désir du monde associatif d’être présent dans la gouvernance de cette entité. »

Côté élus, le groupe d'opposition Union pour Rennes capitale a été seul à s’opposer à la SPL. Alliance citoyenne a pour sa part donné son accord au projet, précisant ne pas signer pour autant « un blanc-seing au SMPBR* et à la ville de Rennes ». Fabrice Marzin, membre du groupe d’opposition centriste, a soutenu la demande des associations et citoyens d’obtenir un « bilan objectif sur les outils de production et de traitement des eaux » et de réaliser un « état des lieux des réseaux de production et de distribution gérés par Veolia depuis 130 ans ».

Une remarque balayée par Bruno Chavanat. Le leader d’Union pour Rennes capitale a choisi, au contraire, de s’appuyer sur la précision des rapports successifs pointant le bon fonctionnement de la délégation de service publique pour s’interroger sur le besoin de changement demandé par la majorité.