Veolia Environnement réoriente sa stratégie pour 2012-2013 (AFP le 1 mars 2012)

Après avoir essuyé une tempête médiatique ces derniers jours, Antoine Frérot, président-directeur-général de Veolia Environnement a dévoilé son plan stratégique le 1er mars 2012, finalement validé par le conseil d’administration du géant industriel de services aux collectivités territoriales.

« Cette stratégie passe par des objectifs ambitieux en matière de cessions d’actifs, d’évolution des ‘business models’, de diminution des coûts, mais aussi de réduction de l’endettement en deux ans, à un niveau inférieur à 12 milliards d’euros », a expliqué Antoine Frérot, PDG de Veolia Environnement.
En 2011, le chiffre d’affaires s’est élevé à 29,6 milliards d’euros, et le groupe a connu une perte nette de 490 millions d’euros. L’endettement financier a été réduit de 488 millions d’euros, atteignant 14,7 milliards d’euros.

La même année, a été menée une politique de cession d’actifs (1,54 milliard d’euros), qui s’est terminée sur un accord de négociation exclusive avec un investisseur pour la cession de Veolia Transdev. Ce désengagement du secteur « transports » devrait se concrétiser à la fin de 2012.

Antoine Frérot entend redresser la barre en recentrant les activités du groupe sur trois métiers, l’eau, la propreté, et les services à l’énergie.

Plan de transformation – Il s’agit tout d’abord de changer en profondeur l’organisation du groupe : « les activités sont trop juxtaposées entre elles, et pas intégrées. Il faut rendre l’organisation plus simple », a-t-il déploré, avant de préciser que des réductions de coûts rapides étaient possibles sur ce segment : 60 millions d’euros en 2012, et 450 millions d’euros à l’horizon 2015.

L’eau – C’est principalement le secteur de l’eau qui devrait faire l’objet d’un « re-engineering », cette branche étant l’un des fleurons du groupe, avec un savoir-faire important et notamment en matière de traitement des micro-polluants.

La réduction de l’endettement sera le mot d’ordre cette année : l’objectif est de céder 5 milliards d’actifs et de réduire les coûts d’exploitation. Des cessions pourraient être réalisées au Royaume-Uni. Le contrat signé dernièrement avec le Sedif (Ile de France) et des contrats au Japon, suite à la catastrophe de Fukushima, ont dopé l’activité « eau » début 2012. En France, 238 contrats ont été renouvelés – 122 pour l’eau potable, et 116 pour l’assainissement.

Les transports – Dans l’actionnariat de Veolia Transdev, la place occupée par la Caisse des dépôts (50%) ressemble à une épine qu’Antoine Frérot aimerait se voir retirer du pied.
Sans vouloir citer le partenaire exclusif engagé dans des négociations (peut-être Natixis ?), Antoine Frérot envisage de quitter définitivement cette activité, même si en un premier temps, « il est possible de faire passer la participation Veolia de 50% à 20% ».

Propreté – Avec le succès des PFI en Grande-Bretagne, et la réussite de la première collecte pneumatique des déchets à Romainville (93) – une seconde est prévue dans le quartier des Batignolles à Paris, ce secteur semble se maintenir. De fait, quelque 74 contrats ont été renouvelés.
Cependant, le nouveau périmètre entrevu par Veolia prévoit de céder Solid Waste de Veolia Propreté US.

L’énergie – En France, le chiffre d’affaires a progressé de 3%, sous l’effet de la hausse du panier combustible moyen, dans un environnement climatique moins favorable qu’en 2010.
Des négociations sont en cours avec EDF, au sujet de Dalkia, la filiale commune détenue par Veolia Environnement et EDF. Enfin, des cessions sont en cours (Citelum, Proxiserve).

En 2011, un contrat de 200 millions d’euros a été signé avec le Grand Dijon, pour la conception, la réalisation et la gestion du réseau de chaleur (25 ans) qui sera exploité dans le cadre d’une délégation de service public.

« Le passé ne m’intéresse pas, la stratégie que je propose est la bonne et je suis déterminé à la mettre en œuvre », a conclu Antoine Frérot, lors de la présentation des résultats.

7,2% de croissance à l’international

Parmi les principaux contrats gagnés en Europe en 2011, il faut citer celui de Bucarest dans le domaine de l’eau (600 millions d’euros), et le contrat PFI (Private Finance Initiative) de traitement des déchets du Comté de Hertfordshire (propreté) qui représente 1,6 milliard d’euros, mais aussi la privatisation du réseau de chaleur de Varsovie.

A l’international, le chiffre d’affaires a progressé de 7,2%. Dans l’eau, un surcroît d’activité constaté au Japon, à la suite de la catastrophe de Fukushima, a permis de compenser un recul en Australie. Dans le secteur de la propreté, la croissance a été soutenue grâce à la forte contribution des PFI. Dans le domaine de l’énergie solaire, Veolia a rencontré des difficultés opérationnelles en Espagne et en Italie.